Les Ides de mai.

•26 mai 2013 • Laisser un commentaire

La Lune éclatante et pleine trémousse un vague à l’âme. Trimballe ce corps dans l’écume de nuits agitées. Jaillit sur les joues perlées de ce visage fatigué. La marée monte en dedans qu’on ne sait plus ravaler. Le niveau monte au gosier, ça brille à la surface. Heureusement. La lumière est faible. Si la bouche s’ouvre la cécité n’adviendra. Sauf que. La source se fait torrent, force son lit, envahit les mirettes. Ces yeux éblouissent de peur, de honte, de lâcheté. Chloé fait la planche sur ces pupilles. Dessine un ange et puis se noie. Suffoque bientôt dans les abysses.

La Lune a pâli au matin, jusqu’à disparaître, emmenant avec elle les bêtises en cascade murmurées par cette idiote. Les premiers rayons ont fini d’assécher le ruisseau. Bientôt, au creux du ventre, l’eau dort tout à fait. Seuls quelques spasmes la font frémir, de temps à autre. Et lui évitent de croupir. Jusqu’aux prochaines Ides.

Le plaisir de la mine

•27 septembre 2012 • 2 commentaires

Je vois les pages vierges s’amenuiser. Le carnet rouge a pris du poids, du volume. Retrouver le plaisir de la mine s’enfoncer la feuille buvard les mots privés de publics sont simples vrais et douloureux. On n’épure à peine dans cet écrin, on jette brutal presque automatique, on scotche les brouillons compulsifs. Pour trace et lucidité, vérité à peine altérée.

Je vois les pages vierges s’amenuiser.

N. B. : partir à la recherche d’un cahier où l’on se sent aussi bien, pour la suite.

Deux Ex Machina

•28 juillet 2012 • Un commentaire

Et tu la nourris tu l’entretiens pourtant tu sais ce qu’elle colle. Et tu t’y complais tu lui procures. Les outils nécessaires à sa nidation dans les creux qui parsèment le cœur et l’esprit. Tu l’accueilles comme une vieille copine, la laisses s’étaler au gré de tes idées fixes. Chloé acquiesce, bien entendu. Peu à peu tes membres s’atrophient, fatigue artificielle visible sur ta trogne. Elle gagne du terrain, tout devient terne aux alentours et tu rumines. Tu mâches sans relâche, espérant une digestion qui n’adviendra. Tout ça tu le sais et malgré tout.

Paix relative

•22 mai 2012 • Un commentaire

Alors j’enchaîne. Je me menotte aux poignets la succession des petites choses. Je comble les rifts qui creusent encore le long de mon hypothalamus. Je remplis les vides sans relâche, nivèle les aspérités jusqu’à trop lisse. Que tout y glisse, la peau de mes chagrins imperméable aux caprices de Chloé. À coups de sirops fermentés et de tâches nouvelles, de coups d’alimentaire de bonne compagnie, soigneusement j’évite l’accalmie nourrice de pourquoi lacrymal. Seul le sommeil trahit ma volonté, ces nuits perclues de rêveries absconses et souffreteuses empêchent la métamorphose de tout balayer. Des bouts du vieux moi subsistent, des morceaux neufs s’intègrent, Chloé coordonne, et peu à peu, une paix relative s’installe dans la cité qu’est devenu mon grenier.

Ménage de printemps

•15 avril 2012 • Laisser un commentaire

Et je crie et je supplie Chloé de me sauver d’ici où rien ne me retient. Où je crée plus de maux que de douceurs dans ma chair et en dehors. Où je vois défiler les verres entre mes doigts, les visages connus sous mes paupières, la fumée entre mes lèvres. Où les ponts se suivent et posent toujours les mêmes questions. Ça touche au constitutionnel.
Chloé m’anime les phalanges et c’est heureux. Elle fait la poussière en ce moment même dans mon grenier où tout périssait. Tout ressurgit de sous les acariens. Nous allons ensemble parcourir les vieux dossiers qui traînent, classer, analyser les pourquoi.

Laisse-moi

•12 avril 2012 • Un commentaire

Laisse-moi. Lécher tes blessures, panser tes plaies. Ma langue antiseptique de tes douleurs les plus profondes. Mes mains caresser tes douleurs les plus séculaires. Laisse-moi. Pénétrer ta moelle ton épiderme ta chair. Ton esprit. Laisse-moi t’envahir. Que je ne sois plus un corps étranger. Que je te devienne un substance indispensable. Car malgré mes jeux et mes atours, si tu creuses un plus loin qu’entre mes reins. Laisse-moi. Être ta salvation.

It’s not the door you’re using, but the way you’re walking through it

•5 avril 2012 • Un commentaire

Je suis une carpette. De ces tapis sur lesquels on s’essuie l’âme en sortant, repartir immaculé.

Je suis un tremplin. Des tréfonds on me saute et puis revoilà lumière, confiance.

Ils sont de passage. Trois petits coups et puis s’en vont. Ce lit-là on ne s’y attarde pas. Décharger les sucs divers sur ces draps-ci, renaissance par le vide.

Je suis passagère, à tes côtés sur les routes accidentées nocturnes, me larguer sur le bas-côté au petit matin.

Je suis l’entre-deux. Et ça me va car vois-tu, aucun de vous ne fait le poids.