Quand les muqueuses auront des dents

Qu’il semble loin le temps de Chloé. Lorsqu’au paroxysme elle m’insufflait les mots. La pauvre retient désormais son souffle, telle une louve au pays des truies, de peur que les édifices de paille, de bois ou de briques ne s’effondrent. Les fondations sont trop fragiles, la chair béante laisse apparaître l’os. Et sans son grenier Chloé se dissiperait. Elle préfère donc entretenir la stagnation, quitte à s’user l’eau jusqu’à putréfaction, protéger son habitat. L’instinct de survie.

Mais dans l’arrière-boutique, elle amasse les bouts de ficelle, tricote quelques mantras. Les cache soigneusement pour mieux les brandir au moment opportun. Elle se nourrit des autres aussi, à leur insu, vampire assoiffé de respirations nouvelles, de trachées inconnues. Bientôt elle vomira de nouveau, torrent d’incipits prêts à assembler, développer, enrober. Quand les muqueuses auront des dents, se protégeront des assauts extérieurs, s’épaissiront pour mieux dégorger.

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~ par godschizo sur 22 février 2011.

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