Lucidité en interne

C’est écrit. Les muqueuses, la moelle, le derme en sont couverts. Des messages à l’encre indélébile, qui n’apparaissent qu’à la lumière noire. Des preuves. De ce qu’on est saccagées des sécrétions, de ce qu’on est secouées des bocaux ici légion. C’était là bien avant le Je, ou peut-être pas. Les témoins ont pu être éradiqués, dans quelque goulag cavité. Et derrière eux les traces essuyées, la propreté c’est important pour refourguer les locaux, même si personne n’en ignore la vétusté. Quoi qu’il en soit les faits sont là, c’est écrit à même les parois, ça ressort sur le convexe et ça clignote même par endroits. Pourtant, seuls les plus nyctalopes d’entre les autres peuvent déceler l’évidence. Le camouflage élaboré permet le sursis, feindre la décence. Le miroir parfois même s’y méprend.

Seulement nous, occupantes des lieux, ne pouvons y couper. Depuis dedans, les iris ne peuvent se brouiller. Condamnées à y voir clair en permanence, nous prions cécité, indulgence. Et puisque cela nous est interdit, nous subissons en silence. Mensonge ce masque impassible, poudre aux yeux ces sarcasmes, diversion ce potache. Nous, percevons les mots véritables : pleutrerie persistante, douleur lancinante, mélancolie constante, carences incessantes. C’est écrit. À même la langue. Ça ne demande qu’à s’enfuir. C’est pourquoi elle crache souvent.

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~ par godschizo sur 1 décembre 2010.

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