Ça se délite, lentement

Ça se délite lentement le long de nos joues.

Des larmes d’amour froissé viennent mouiller ton joli visage : tu voudrais, tu t’époumonnes en si. Malheureusement ma chérie ainsi va la vie, beaucoup de souffrance et bien peu de béatitude. Pour retrouver ton état de grâce il te faudra décoller le mal de ta rate. Tu auras d’abord la sensation que l’on t’a arraché un membre, que ça crie depuis tes entrailles. Ce ne sont que les symptômes de manque, l’abandon qui se résorbe. La cicatrisation est proportionnelle à la fréquence, la durée, la violence de ce qui a causé ton état. Peu à peu tu te redresseras, la douleur s’estompera, tu n’oublieras pas, tu rangeras ça dans un coin. Pour bientôt le recouvrir d’un futur plus seyant et coloré, anesthésié de bien des maux.

Ça se délite lentement le long de nos joues.

En vérité mes joues à moi tendent à la sécheresse. Lasses de corroborer mes propos redondants, mes paupières retiennent tout liquide s’invitant à leurs bords. Alors je ravale toute l’écume et je la sens ruisseler, le long de mon gosier le sel attaque les muqueuses, l’eau ravage tous les mots sur son passage. Je forme une pelote liquoreuse au sein de ma trachée, centre de contrôle. Éviter toute fuite d’informations. Manifestement ça ne fonctionne que pour l’oral.

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~ par godschizo sur 1 décembre 2010.

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