Hémorragies et enterrements

J’ai les yeux mouillés et le ventre en vrac. L’environnement me ronge. L’hypocrisie latente, les coups bas, autant d’hémorragies internes déclenchées perpétuellement dans mon coeur et ma tête. Et les compresses je ne les trouve pas. On ne fournit pas de trousse de secours pour ces choses-là. Pour stopper les flux, cotériser, il faudrait ne s’occuper que de soi. Mais je ne suis pas comme ça. Alors je meurs.

Et puis.

Joseph Lubsky. Le documentaire diffusé sur France 2 la semaine dernière m’a beaucoup travaillée. Même si ce n’a peut-être été qu’une stratégie médiatique de bas-étage, cette idée que nous ne sommes pas un mais plusieurs dans nos crânes me correspond. Il m’a dit qu’il fallait parfois s’empêcher d’y penser pour avancer sans trop de peine, mais je ne trouve pas ça normal. Pour vivre il faudrait mettre de côté un bout de soi, l’enterrer profondément et lui tourner le dos. En faire une Eurydice qu’on ne pourrait plus récupérer. Je ne peux pas l’accepter. Se renier en partie afin d’évoluer en société et surtout ne pas se déranger les uns les autres. Et si chacun s’exhumait, qu’arriverait-il ? Peut-être nous détesterions-nous. Ou bien, nous nous rendrions compte que derrière la façade que chacun s’est ravalé, il y a toujours un être qui souffre ou a souffert. Et si nous étions conscients de ça, cela ne nous pousserait-il pas à éviter les jugements, à respecter l’autre ? Nous sommes tous uniques mais semblables dans la douleur.

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~ par godschizo sur 1 avril 2008.

2 Réponses to “Hémorragies et enterrements”

  1. En moi gronde une ville
    Grouille la foule dessaoulée
    Ses envies au hachoir

    À moi s’agrippent des grappes de tyrans
    Des archanges aux blanches canines

    Qu’on me disperse
    Je suis noir de monde
    Qu’on me dispense
    Du son des leçons
    Qu’on me dissipe

    En moi se vautrent des divans
    De l’aorte à la carotide
    Circulent des rumeurs
    À faire pâlir

    Qu’on me disperse
    Je suis noir de monde
    Qu’on me dispense
    Du son des leçons
    Qu’on me distribue
    À tous les Jésus

    Je voudrais t’aimer comme un seul homme
    Arrêter d’inonder la Somme
    Avoir l’amour en bandoulière
    L’amour en bandoulière

    En moi gronde une ville
    Grouille la foule dessaoulée
    Ses envies au hachoir

    À moi s’agrippent des grappes de tyrans
    Des archanges aux blanches canines
    Tueurs de mémoire à la conscience obèse
    Jouent du Varèse

    Qu’on me disloque
    Qu’on me dispatche
    Qu’on m’évapore

    Qu’on me disperse
    Je suis noir de monde
    Qu’on me dispense
    Du son des leçons
    Qu’on me distribue
    À tous les Jésus

    Je voudrais t’aimer comme un seul homme
    Arrêter d’inonder la Somme
    Avoir l’amour en bandoulière
    L’amour en bandoulière

    Qu’on me disloque
    Qu’on me disperse
    Qu’on m’évapore
    Qu’on me disperse

  2. Petit oubli, il est indispensable de préciser que c’est du Bashung. Le Bashung.

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