Moule à manqué

Il y a du barbelé dans mon estomac. Il fait son chemin au fil de mes pas désarticulés de désaxée. C’est le manque qui s’invite à la fin du repas. Le manque. River a mis le thème sur le tapis, sur la toile.
C’est un état tranquille, lame lisse glissant doucement le long de mon échine. Pas de douleur, simplement une légère pression sur ma colonne. Le temps s’écoule, le sang également. Lorsque celui-ci se décide à coaguler, la souffrance réelle commence, cicatrisation difficile. Et puis, le ventre. Comme un esprit qui déambule, nonchalant, dans les méandres gastriques du pourquoi. Que me manque-t-il ? Car sous les vides évidents se terrent les creux sans source connue. Ici, le manque rejoint la mélancolie. Elle est une voix légère et pure murmurant les questions sans réponse. À devenir folle. Elle endort aussi. Ainsi me plonge-t-elle en léthargie, dans une attente apaisante, perpétuelle. Ici trouve-t-elle l’ennui. Ma tête pivote vers les dehors, ailleurs infinis. Sans assez de force ni de courage pour ouvrir la fenêtre et fuir dans un cri.

Je manque. Ça manque. Ils, elles manquent.

Manque, c’est comme le prénom Franck, ça dégage quelque chose de plouc, ringard. Mais comme la mangue, c’est sucré, filandreux, savoureux. Ainsi le manque me sied-il, même s’il me colle aux dents et la peau.

03/12/07
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~ par godschizo sur 2 mars 2008.

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