Hémorragies et enterrements
J’ai les yeux mouillés et le ventre en vrac. L’environnement me ronge. L’hypocrisie latente, les coups bas, autant d’hémorragies internes déclenchées perpétuellement dans mon coeur et ma tête. Et les compresses je ne les trouve pas. On ne fournit pas de trousse de secours pour ces choses-là. Pour stopper les flux, cotériser, il faudrait ne s’occuper que de soi. Mais je ne suis pas comme ça. Alors je meurs.
Et puis.
Joseph Lubsky. Le documentaire diffusé sur France 2 la semaine dernière m’a beaucoup travaillée. Même si ce n’a peut-être été qu’une stratégie médiatique de bas-étage, cette idée que nous ne sommes pas un mais plusieurs dans nos crânes me correspond. Il m’a dit qu’il fallait parfois s’empêcher d’y penser pour avancer sans trop de peine, mais je ne trouve pas ça normal. Pour vivre il faudrait mettre de côté un bout de soi, l’enterrer profondément et lui tourner le dos. En faire une Eurydice qu’on ne pourrait plus récupérer. Je ne peux pas l’accepter. Se renier en partie afin d’évoluer en société et surtout ne pas se déranger les uns les autres. Et si chacun s’exhumait, qu’arriverait-il ? Peut-être nous détesterions-nous. Ou bien, nous nous rendrions compte que derrière la façade que chacun s’est ravalé, il y a toujours un être qui souffre ou a souffert. Et si nous étions conscients de ça, cela ne nous pousserait-il pas à éviter les jugements, à respecter l’autre ? Nous sommes tous uniques mais semblables dans la douleur.






En moi gronde une ville
Grouille la foule dessaoulée
Ses envies au hachoir
À moi s’agrippent des grappes de tyrans
Des archanges aux blanches canines
Qu’on me disperse
Je suis noir de monde
Qu’on me dispense
Du son des leçons
Qu’on me dissipe
En moi se vautrent des divans
De l’aorte à la carotide
Circulent des rumeurs
À faire pâlir
Qu’on me disperse
Je suis noir de monde
Qu’on me dispense
Du son des leçons
Qu’on me distribue
À tous les Jésus
Je voudrais t’aimer comme un seul homme
Arrêter d’inonder la Somme
Avoir l’amour en bandoulière
L’amour en bandoulière
En moi gronde une ville
Grouille la foule dessaoulée
Ses envies au hachoir
À moi s’agrippent des grappes de tyrans
Des archanges aux blanches canines
Tueurs de mémoire à la conscience obèse
Jouent du Varèse
Qu’on me disloque
Qu’on me dispatche
Qu’on m’évapore
Qu’on me disperse
Je suis noir de monde
Qu’on me dispense
Du son des leçons
Qu’on me distribue
À tous les Jésus
Je voudrais t’aimer comme un seul homme
Arrêter d’inonder la Somme
Avoir l’amour en bandoulière
L’amour en bandoulière
Qu’on me disloque
Qu’on me disperse
Qu’on m’évapore
Qu’on me disperse
Petit oubli, il est indispensable de préciser que c’est du Bashung. Le Bashung.