Voilà 10 jours que le spleen s’est installé, que l’on vit sur les dernières miettes. Finalement, je raconte.
Arrivées à 14 h sous la crachin nantais, ma cousine et moi nous installons dans la file d’attente. Clope sur cigarette pour tenter de se réchauffer, débat sur l’altruisme avec des quarantenaires fort passionnnants et sympathiques, émerveillés de voir qu’à 20 ans on peut kiffer Clash Depeche Mode et autres Doors. 17 h 30 ouverture des portes. 6 courtes vidéos diffusées pendant l’attente, on peut voter pour nos préférées sur le site off du groupe. Mais aussi la première partie, Expatriate. Une entrée rock’n'roll old school qui n’est pas sans rappeler les Eagles of Death Metal, mais qui bien vite se mélange à une pop tintée de synthés relativement agréables. Polis et reconnaissants, les australiens ont plutôt assuré, même si j’aurais préféré que le chanteur se décoiffe plus vite et n’use pas autant de ses cordes vocales. Encore 30 minutes avant de mourir. Soudain, éclipse et voix d’anges. Comme un songe. Et puis, le moment.
J’ai assisté à cinq de leurs concerts, celui-ci fut de loin le meilleur. Une cohésion entre les membres du groupe. Steve, un batteur expansif rythmant le concert par ses jets de baguettes et ses sourires ultrabright. Stef a retrouvé l’usage de ses zygomatiques et se tord dans tous les sens, occupe l’espace scénique, descend à notre niveau, pour notre plus grand plaisir. Malgré quelques problèmes techniques en début de concert, tous les autres musiciens, Fiona, Bill et Nick, assurent. Et puis le nain. Sa voix bien déployée, ses sourires (si si ça pique au début mais on s’y fait), ses manières et son regard perçant. Ils étaient avec nous, n’avaient pas l’air de s’emmerder, ils avançaient vers nous et nous faisions de même. Le public nantais est parfois long à se lancer, il faut aller le chercher : ils ont su le faire. Une setlist surtout faites de morceaux de Battle for the Sun, le dernier opus, et de Meds, le précédent que je ne porte pas dans mon coeur (mais qui malgré tout passe bien ici). Quelques tubes de Sleeping with Ghosts (Special Needs, Sleeping with Ghosts) Black Market Music (Special K) et Without you I’m Nothing (Every you Every me). Twenty Years, celle que j’attendais au tournant, version semi-acoustique à la cambodgienne (cf. concert du Cambodge sur le DVD qui accompagne BFTS). Un morceau inédit joué seulement en concert, Trigger Happy, efficace qui prend aux tripes. Les nouveaux morceaux sont encore meilleurs sur scène, ampleur et puissance décuplées. La dernière version de Taste in Men pour finir, celle qui achève de me liquéfier. Une fois les lumières rallumées, une seule envie : pleurer. J’ai beau le savoir ça arrive comme par surprise à chaque fois. Et rien que de pensr que je devrais peut-être attendre 3 ans pour avoir ma prochaine dose, que peut-être le groupe aura fait un album merdique, se sera séparé, aura recommencé à se droguer, à être insupportable, que Brian aura peut-être fait une permanente histoire de repousser encore les limites de sa capillarité… Et merde. J’en veux de suite, encore.

photos du concert :
Blog de Sandrine Laporal
Flickr de Robinet Nabab
Publié dans Aparté, Philie
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